Aéro-club St Brieuc Armor

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Publié : 22 janvier 2007

INTERMEDE.

Acro. Solo. Pas haut.

Porte-avion terrestre, que es a co ?

Août. Une école au mois d’Août, prononcez Out, comme au tennis. Je suis le Proviseur sans classes, le Général sans armée. École, bureaux, hangars, tout est fermé. A part la maintenance, pour vérifier le matériel, tout le monde est en congé. Contraste surprenant, les allées habituellement empruntées par les élèves et tout le personnel de la ruche, sont désertes, aucun salut à rendre ! Apocalypse now ! La solitude, le silence. J’adore la permanence du mois d’août. Trois mécanos sympas et un avion pour moi. Ah ! Tiens ! Et si j’allais secouer les cigales dans les pins ? Mon coin préféré se trouve entre St Maximin et Rians, une petite route, dans la campagne inhabitée, droite comme un I et longue de trois kilomètres. It’s a long way to go ! Il faut décrire l’endroit pour mieux profiter du voyage. Un porte-avion terrestre ! Digne d’un P-A nucléaire ! La poupe, c’est la partie arrière d’un bateau, pour les dépourvus de culture marine, la proue, l’avant du navire, étant à l‘autre bout ! Donc la poupe, un raidillon de cent mètres, une petite falaise sur laquelle varappe mon futur axe de manœuvre, se prolonge par un plateau où est scotchée la piste. Plateau d’envol sans îlot. It’s better for me. Cette belle ligne droite, même pas goudronnée, plonge par la proue vers Rians, village encaissé dans le Verdon. Le Verdon ! Le pont Sublime d’où sautent des cinglés dans le vide, attachés aux pieds par un caoutchouc. Les abords de ma petite route sont bien dégagés, les chênes liège et la garigue se tiennent à carreaux. Le plus important c’est, devinez ? Une ligne téléphonique, ficelée sur de vieux poteaux en bois, qui court tout le long du chemin, à une distance de moins de dix mètres. Le décor est planté, vaut mieux ça que l’avion ! Les cigalous, comme disent les Provençaux, dzidzidzidzitent sans fin. Le soleil cogne dur ! Authentique cagnard de saison. L’avion est très impatient de lever ses godasses du béton brûlant pour se ventiler, et mieux respirer, après avoir avalé au décollage tout cet air chaud. Heureusement, le bonhomme dans son cockpit dispose d’une clim branchée…Oh ! Yes ! La clim. Astuce primée concours Lépine. Un tube périscopique coulissant traverse la paroi du fuselage à hauteur du coude droit. En dévissant le tube, l’air compressé par la vitesse extérieure est propulsé à l’intérieur. En enfilant la manche de sa combinaison dans ce tube, le pilote se retrouve en Bibendum Michelin ! Un vrai caisson à pression. Transpiration plus aération c’est crève à l’horizon ! On arrive, on arrive ! Voilà l’arène… Ave Caesar, morituri te saluant… Inutile d’être très haut, la poussée est suffisante pour grimper aux sommets des figures. Un tour d’inspection. Personne en haut, qui sait ? Un passage de nettoyage plus bas pour mettre à l’abri les lièvres, les écureuils et les rares petits oiseaux. Les choses sérieuses commencent. Tout est rangé, les poches bien zippées, on peut y aller. Du charbon dans la chaudière et le badin gonfle. Oreille du côté poupe…la falaise…, pour se retrouver face à l’axe, les fesses sur la ligne de flottaison, bien en DESSOUS du pont d’envol ! YAAAAA ! Concentration max, ça déboulle, faire glisser le bedon sur la bande sans gratouille. Chaud, chaud devant ! On peaufine la hauteur. Tête à droite, les fils téléphoniques bien rangés au niveau des yeux, c’est bon ! Réglage de l’alti à zéro. Le pont d’envol défile de plus en plus vite. Tension maxi. L’extrémité du ruban arrive plein pot dans le pif ! Paf ! 320 noeuds ! Manettes butées avant, abdominaux bloquées, apnée, manche au ventre TOP ! 2, 3, 4, 5, 6 g, écrasé sur le siège on serre les dents ! Tangent le voile noir ! Quotient du sinus par son cosinus ! Enrhumés s’abstenir ! Sans combine anti-g c’est sport… La verticale dépassée, garder du manche pour arrondir, éviter l’ovale, puis manche avant pour allonger. En rallongeant le parcours dos on repasse au point bas à l’endroit même du début de figure, devant la tribune officielle. Coup d’œil à l’alti : 3500 pieds sur le dos…ça passe à 3000 correct ? Le sol paraît bien près là-dessous ! Pour débuter et tâter l’air chaud, un demi Huit Cubain fera l’affaire. Toujours dos, nez dans le sol sous 45° TOP ! Manche avant TOP ! Maintenir le repère collé au point collimateur. Gravité zéro… Roulis TOP ! Pas mal TOTO ! Retour dans le bon sens, manche arrière en souplesse pour arrondir la courbe dans le fond de la trajectoire… ça passe…tranche 3500 pieds, y’a 500 pieds de rab à consommer. No problem, ça baigne. Rivé sur le rail jusqu’en bout d’axe, à fond à fond, badin 350 nœuds, puis grimpette à 60° en éloignement, sans trop tirer et garder du badin tout là-haut, pour un retournement. L’axe est maintenant loin derrière…..On va y revenir ! On va y revenir ! …

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Fouga en finale sur le Clem.
Approche sur le plan. Dans la description du solo c’est une arrivée genre torpille sous-marine.

Mayonnaise d’axes. Ah ! Oui ! L’oreille. Une oreille est un virage de 270° dans le plan oblique. Une mania pour revenir à 180° d’un axe. En bout d’axe on commence par cabrer PUIS ouvrir de 45° d’un côté en inclinant selon la cadence voulue. Après cette ouverture de 45°, toujours en cabré, renverser l’inclinaison et poursuivre le virage. Dès le travers de l’axe se mettre en descente, incliné de ce même côté jusqu’à une position où on voit l’axe sous 45°…mais de l’autre côté de l’inclinaison. Il ne reste plus qu’à renverser l’inclinaison pour se trouver en une sorte de dernier virage. La cadence imprime le rythme. Plus c’est rapide, plus l’inclinaison est grande. Les axes de tangage et de lacet permutent à 90° d’inclinaison. Sur la tranche par exemple, la direction mise du côté de l’inclinaison, fera piquer le nez. La profondeur fera défiler le nez sur l’horizon…horizontalement.