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Publié : 28 janvier 2007

RENVERSEMENT.

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Le SURF du FOUGASSON.
Attention ! La basse hauteur ne s’improvise pas !

Garder la trajectoire car l’axe est dans le dos ! Ailerons bien au neutre. Axe référence profondeur : Tableau - Nombril. Nez haut, pas un seul petit cumulus dans le bleu du ciel pour point de mire, aucune traînée de condensation haute altitude à se mettre sous la dent. Il faut profiter de cette montée sur la perche, au calme, pour programmer l’évolution de la figure suivante. On appelle Perche, le point où la montée parabolique s’arrête, pour entamer la descente. BON ! Toujours anticiper. Les trajectoires sont mémorisées dans l’ordre. Ce sera : RENVERSEMENT à gauche. Le renversement est souvent confondu par les non voltigeurs avec le retournement. Le renversement débute depuis une trajectoire horizontale, suivie d’une montée rectiligne verticale, au sommet de laquelle l’avion pivote de 180° autour de l’axe de lacet. Kif kif, la roue du VTT autour de son moyeu horizontal. Après cette rotation l’avion redescend à la verticale pour revenir en vol horizontal. On peut revenir en vol horizontal ventre ou dos… Le retournement, lui, n’est qu’une mise dos, ou si vous préférez : un demi tonneau. Trouvez vous-même, une comparaison ! Retour dans le vif du sujet ! Où c’qu’on est ? Coup d’œil alti : 4.500 pieds, vitesse 140 nœuds. Oh Yes ! Toujours en cabré, passage dos. RETOURNEMENT ! Ça pendouille dans les bretelles. Laisser aller l’avion tout seul, le nez bascule dans le sol. Tête en arrière, revoilà la petite route, un fil jaune étiré sur un tapis vert. Tiens ! Ils ont camouflé le pont !…L’aiguille du badin, comme l’anticyclone, s’enroule vers la gauche pour indiquer la haute pression des 300 nœuds. Le fil saute aux yeux, pas question de faire le chas du fil ! Concentration. 380 nœuds. Ligne de flottaison, gaffe aux embruns. De nouveau un poil en dessous de l’arrière du p-a. Sur les côtés les pins se penchent pour voir et n’en reviennent pas ! Hop ! Le redan, ventre à terre. On avale la route à une vitesse vertigineuse, les poteaux défilent comme un rideau dans le coin droit de l‘œil. Badin furieux, au dernier coup d’œil, plus de 420…430…c’est…. parti pour un renversement ! TOP ! Cabré à mi bande, le HAN du bûcheron. Manche arrière, au risque de le plier ! WOUAAA ! Le cadran du g-mètre laisse échapper les g en surplus, comme le lait bouillant d’une casserole sur le feu … Paquet de treize à la douzaine, HAAAA ! Contraction maxi, empêcher le voile…. Montée verticale…En fait, pas tout a fait. L’aile est calée avec un léger angle positif par rapport au fuselage. Donc, quand elle est à la verticale, le pilote dans le fuselage n’y est pas, c’est plus confortable… Bien tenir la verticale, maintenir les bidons de bouts d’ailes à 90° de l’horizon, manche vers l’avant, gouverne de profondeur au neutre. Les acrobates des meetings ont un fil à plomb sur le saumon gauche pour se caler. Perso je positionne la pinnule de mon gyro interne à ma guise…impec ! …attendre …Attendre que ça sèche…comme le linge sur son fil. 140 noeuds, engager la direction à fond à gauche et en même temps tout réduire…l’avion est stoppé, planté dans le ciel, semble descendre sur la queue, mais amorce un mouvement tournant en Soleil. Le coup de balance du centre de gravité puis l’effet de girouette dû à la surface de la gouverne de direction, font pivoter l’avion autour de l’axe de lacet, comme le papillon épinglé dans la boîte du collectionneur. Ah ! C’est bon, ça tourne ! Gauchissement opposé, à fond à droite, because roulis induit, puis gaz à fond pour accentuer la rotation. Il y a belle lurette que le badin est aux abonnés absents. Bien tenir l’avion sur la tranche. L’oeil est rivé sur l’axe, à 90° de rotation, le corps, malgré le brellage glisse à gauche, vers le bas dans l’habitacle. C’est bon signe ! Ah ! Quelle belle roue ! Un peu comme la roue de la fortune. On pourrait presque entendre le clic- clic de l’aiguille pour gagner le gros lot. Stopper en enfonçant la direction à fond de l‘autre côté en anticipant. L’alimentation en air frais est mollasse. OK ! L’avion est dans l’axe, planté dans le sol à la verticale. Ailerons et profondeur au neutre…après ce superbe éventail de 180°, le bon numéro est dans le nez. Ne plus toucher à rien !….HOU là là ! Il vaut mieux ne pas regarder le badin…. l’aiguille ne va pas tarder à s‘activer… Une mise en vrille à moins de 3500 pieds…c’est très chaud…en fin de course…Du déjà vu !… Aiguille 200 nœuds… Ah ! Relax ! Nez toujours rivé dans le sol, vue panoramique sur le site…Quoi c’est ça ?…Pile devant…Là, sur le bas-côté de la route, dans un creux, dans le fossé ! Une Deûdeûche ! Et deux deûcheûrs planqués derrière…Les déjantés de l’over speed. ! Pas de panique les gars. Le meeting est gratuit ! Mettez vous à leur place ! Un avion vous tombe dessus !…Vous le regardez yeux écarquillés, bouche ouverte, et le reste serré, pas fier du tout !… Alors, pour faire pleinement profiter à ces braves bipèdes du spectacle… arrondir la ressource, passer à leur hauteur et les rassurer. .. Salut les rampants !…Vol horizontal… Ligne téléphonique OK ! Mais dans l’autre sens… 320 nœuds… Dans les couches denses à ce régime, le kéro coule à flots et les bidons sont vides. L’avion est plus léger, plus vif, encore deux ou trois trucs avant de rentrer. La proue déboule sous la quille, catapulte inutile, le badin joufflu propulse l’avion dans l‘immensité sauvage de l‘azur ! Ça grimpe, ça grimpe. HOUAAAA ! Au bout la chandelle ! …et au retour…retournement prochain !