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Publié : 21 mai 2008

Par une sombre nuit d’été.

Par une sombre nuit d’été

C’était par une sombre nuit d’été sans lune, très noire mais étoilée. Après la dernière séance de cinéma au centre ville, un peu avant minuit à Nice, il me fallait rentrer chez moi à pied à la colline du Parc Impérial. En ces temps là la vie était très calme, tout le monde se couchait tôt, aucune lumière aux fenêtres des maisons… en 1950 la télévision n’existait pas. La montée du long boulevard Tzarevitch, pour aller au « Parc », se terminait par un virage à droite croisant l’avenue Primerose. Ah, Sacrée avenue Primerose ! Elle grimpait raide, en d’innombrables lacets jusqu’au sommet de la colline. C’est d’ailleurs de là que nous partions sur nos carrioles pour la descente infernale. Les carrioles ? Une grosse planche, deux chevrons munis chacun de deux roulements à billes, l’un cloué en guise d’essieu arrière, l’autre à l’avant en guise de direction, un boulon comme axe et une corde pour aider la conduite qui se faisait aux pieds, le palonnier, déjà ! Les freins ; deux lattes fixées sur les côtés par un gros clou. Un levier qui s’usait très vite, bonjour les murs ! Une course sur route ouverte, heureusement à l’époque les voitures étaient rares Dans les lignes droites la vitesse pouvait atteindre les soixante k/h. Nous étions parfois une dizaine de gamins au départ. Le vacarme du grincement métallique des roulements à billes sur l’asphalte s’entendait de loin ! Virages glissés, dérapés, passages en force entre deux attardés, un piéton affolé évité, aux fenêtres, des ménagères les bras levés au ciel.

L’excitant goût du risque et l’intense montée d’adrénaline procuraient un suprême plaisir. Beaucoup de concurrents ne terminaient pas. Miraculeusement les blessures n’ont jamais été très graves. Le vainqueur, au bas de l’avenue, était bien fier et les roulements à billes de sa carriole étaient chauffés au rouge. La ligne d’arrivée se faisait travers la minuscule boutique du cordonnier Tarfanelli. Un petit garage transformé en atelier. L’odeur, plutôt la puanteur, des cuirs bouillants dans une grosse marmite faisait office du drapeau à damiers.

Tarfanelli, le petit cordonnier italien, est devenu un bottier recherché ; le chausseur du beau monde. Qui aujourd’hui prendrait les mesures des pieds pour en faire des moules en bois pour du sur mesure ? Satisfaire les désirs des clients quant au choix du style et des cuirs ? Assis, tout recourbé, une enclume coincée entre les genoux, entre les lèvres les petits les clous semences, au poignet, les grosses aiguilles recourbées et la boule de poix pour le fil. Son petit marteau bizarre crépitant par saccades rythmées sur le chef d’œuvre piétonnier qui prenait forme. Dès le matin très tôt, au soir très tard, le petit cordonnier a permis à « Pitchounetta » d’être pharmacienne, propriétaire d’une très belle pharmacie du côté de Monaco. Pour ne pas payer d’impôts il faut naître à Monaco, chantait Joe Dassin. Tout le monde n’a pas cette chance !

En 1950 le phénomène soucoupe volante était inconnu. Les années ont passé, ce que j’avais vu a été vite oublié. Puis les récits d’observations d’objets volants ont fini par réveiller ma mémoire. A moins qu’avec l’age on retombe en enfance et les souvenirs reviennent. Me voilà donc, marchant tout seul dans la nuit, arrivant au virage. Cette nuit là le ciel était noir et étoilé, la pénombre, l’unique lampadaire éteint, aucune lumière aux fenêtres des rares villas. Le rôle des lampadaires n’était pas d’éclairer mais de baliser le tracé des voies A cette heure tardive toutes les rues étaient désertes. A ma gauche un vieux mur, un éboulis sur lequel poussait une vigne sauvage. En face de moi un muret délimitant la chaussée d’avec la végétation du début de la colline. La crête de la colline est encore et toujours orientée nord - sud. Je confirme, aucun bruit, un calme ouaté. Tout à coup une sorte d’aspiration rend le silence encore plus silencieux ! Une sensation de dépression d’air, sensation perçue par les tympans, celui du côté gauche, côté vigne, en premier. Ce phénomène donne froid dans le dos et la chair de poule. Un effet dû à un événement que le cerveau ne peut analyser. Au même instant un « bolide » file silencieusement au ras de la crête.

Un passage très rapide, à la vitesse d’une étoile filante un peu lente. Le temps d’observation a duré moins de deux secondes car mon champ de vision était limité par une villa à ma droite et une maison à ma gauche. Le cap de la trajectoire du bolide était au S-SO. N’ayant aucune référence de l’objet il m’était impossible d’évaluer sa dimension, la distance qui nous en séparait, et bien sûr sa vitesse réelle. Le plus étrange était que la chose, de forme ovale, je pense plutôt un disque volant en oblique, tournait sur elle-même en sens inverse de son avancement. Une rotation inverse au sens d’avancement se voit quand la vision est déphasée par rapport à la rotation. A un moment par exemple, les roues des F-1 ou les tours d’hélice dévissent. Le disque de couleur jaune orangé était semé de flammes rouges marquant le sens de rotation.

Une traînée intermittente, une sorte de gaz jaune, laissait la trace de la trajectoire. La traînée s’évaporait instantanément. Après la disparition rapide du phénomène tout était redevenu calme et tranquille. Ce qui m‘avait le plus marqué ce fut d’abord ce silence absolu puis cette sensation « d’aspiration de l’air et du bruit, du son. » une sorte de dépression. Cette vision oubliée est restée une énigme. C’était peut être une banale comète. Saint Thomas vous certifiera que c’était un ovni… Dès qu’il en aura un dans son garage. A vous de vous faire une opinion.

Par contre, l’histoire suivante est un scoop planétaire. Une photo unique. Et juste quelques mots pour expliquer. Wait to see.